Cartel d’œuvres du Musée Historique, Mulhouse

Portrait de Gaspard Ziegler, dit « L’homme à la montre », 1841
Photographe : Henri ZIEGLER (1820-1903)
Daguerréotype, D. 9,7 cm, n°inv.. 2606/9 (don Aline Ziegler, 1903)
©Musée historique de Mulhouse

Ancêtre de la photographie actuelle, le daguerréotype est le résultat des recherches menées dès 1827 par Nicéphore Niépce (1765-1833) et Louis Jacques Mandé Daguerre (1787-1851). L’image est obtenue à partir d’une plaque de cuivre recouverte d’une fine couche d’argent, fixée par des moyens chimiques. Ce procédé produit une image unique, non reproductible.

Facilitant la diffusion de portraits, le daguerréotype rencontre une grande popularité dans les années 1840-1850, avant d’être remplacé par d’autres techniques, plus simples et moins toxiques, permettant également de réaliser plusieurs copies à partir du même négatif.

Ce procédé se développe presque simultanément à Strasbourg et à Mulhouse, grâce aux daguerréotypistes itinérants, transformant une simple curiosité technique en une véritable activité économique. Les membres de la Société industrielle de Mulhouse (SIM), dont Daniel Koechlin Ziegler (1794-1865), s’intéressent immédiatement aux daguerréotypes, attentifs à tout moyen de reproduction et d’impression pour leurs manufactures.

Henri Ziegler (1820-1903), son neveu, est l’auteur de ce daguerréotype. Le jeune homme ici représenté est Gaspard Ziegler (1824-1889), frère du photographe. Souriant, il tient dans sa main droite une montre à gousset dont on peut lire l’heure. Nous connaissons ainsi l’instant exact de la prise de vue – entre 16 h 33 et 16 h 34 – au printemps 1841. L’éclairage en contre-jour diffus donne une profondeur irréelle et intemporelle. On devine encore la forme octogonale du passe-partout qui encadrait l’œuvre.

Cet exceptionnel portrait, surnommé « L’homme à la montre », résultat de ce qui devait être au départ un simple divertissement familial suscité par l’attrait de la nouveauté (Daniel Koechlin achète ou emprunte sans doute un daguerréotype de la SIM à destination de ses enfants et neveux pour leur amusement), démontre un véritable souci technique et une indéniable qualité esthétique.

Le daguerréotype a jeté les bases de la photographie, en introduisant le concept d’une image fixe obtenue par des moyens chimiques et optiques, plus rapide à mettre en œuvre et plus fidèle à la réalité que la peinture ou le dessin ; le procédé se révèle également plus accessible aux classes sociales moins aisées. Instrument de la modernité, la photographie révèle en effet un nouveau rapport au monde, à l’espace et au temps, elle représente le temps suspendu.

Vue de l’Hôtel de Ville et de la Maison Mieg depuis la Place de la Réunion, 1888
25 x 32 cm, n° inv SAVM PH III 7
©Musée historique de Mulhouse

Revue alsacienne, vers 1900
Carte postale – helio 26, 9,2 x 14,1 cm, fonds des cartes postales alsaciennes
©Musée historique de Mulhouse

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