Cartel d’œuvres de la Cité du Train – Patrimoine SNCF, Mulhouse

Locomotive à vapeur n°829 de type 210 (système Crampton), société André Koechlin & Cie à Mulhouse, 1864
Calotype sur papier, 24 x 31,5 cm, 2nd moitié du 19e siècle
©Cité du Train, Mulhouse

Ce type de locomotive est conçu à l’origine en Angleterre par Thomas Russell Crampton (1816-1888) à partir de 1846. Celle-ci a été construite à Mulhouse par la société André Koechlin & Cie, dans une usine située à proximité de la porte du Miroir.

À la suite d’un voyage en Angleterre, André Koechlin (1789-1875), industriel et homme d’affaires mulhousien, souhaite développer sa manufacture textile. Un accord est passé avec un des associés de la société Sharp, Roberts & Cie (Manchester) pour ériger à Mulhouse une usine de construction mécanique. Tandis que Koechlin finance les travaux de construction, les Anglais eux apportent leur savoir-faire (plans, machines, ouvriers et techniciens qualifiés). Si l’usine conçoit des machines pour le textile, elle commence dès le début des années 1830 à produire des locomotives. La locomotive n°829 circule sur le réseau Paris-Lyon-Méditerranée (PLM).

L’usine, ancêtre de la SACM et d’Alsthom, est implantée sur le site qui accueille aujourd’hui la Maison de l’Industrie, KMØ et l’Université de Haute Alsace.

Auteur : Anne Bourguignon, chargée de mission conservation, Cité du Train.

Locomotive à vapeur Crampton n°80
Tirage gélatino-argentique sur papier, 9 x 14 cm, 1re moitié du 20e siècle
Photographe : Paul G[ ?]emant
©Cité du Train, Mulhouse

Ancêtre du TGV Est Européen, la locomotive Crampton n°80 a circulé sur la ligne Paris-Strasbourg. Livrée à la Compagnie des Chemins de fer de l’Est en 1852, la Crampton n°80 actuellement conservée à la Cité du Train est l’une des locomotives les plus emblématiques de l’histoire ferroviaire. Surnommée le “lévrier du rail”, elle peut rouler jusqu’à une vitesse de 120 km/h. Pourvue d’un cartel et d’une mise à distance sculptée, la locomotive est exposée telle une œuvre d’art en Gare de l’Est entre 1931 et 1946 sous l’œuvre d’Albert Herter, Le Départ des Poilus, août 1914. Remise en état de marche en 1947, elle sera présentée l’année suivante en Gare Saint-Lazare lors d’une exposition organisée conjointement par la SNCF et l’Association Française des Amis des Chemins de fer (AFAC) fondée en 1929.

En 1967, la locomotive n°80 est le sujet central du feuilleton La Princesse du Rail racontant l’épopée de l’avènement du chemin de fer en France au 19e siècle. Idole technique et télévisuelle, elle obtient quelques années plus tard son statut de pièce patrimoniale.

Auteur : Anne Bourguignon, chargée de mission conservation, Cité du Train.

Autorail Bugatti ZZy 24408
Tirage gélatino-argentique sur papier, 12,4 x 17,8 cm, 1981
Photographe : CHLASTACZ
©Cité du Train, Mulhouse

Grâce à l’autorail, Ettore Bugatti (1881-1947), industriel automobile alsacien, sauve l’entreprise familiale de la faillite dans une période marquée par la crise financière.

En effet, le krach boursier de 1929 a eu un impact sur la clientèle des Bugatti Royales, produites dans les usines de Molsheim. Sans nouvelle commande, Ettore Bugatti se retrouve avec des moteurs dont il ne sait que faire. Grâce à sa rencontre avec Raoul Dautry, directeur général de l’administration des chemins de fer de l’État (1928-1937), Bugatti se met à produire des autorails fonctionnant avec les moteurs de ses Royales. Véritable prouesse d’ingéniosité technique, d’aérodynamisme et de confort pour les voyageurs, les autorails Bugatti connaissent un succès sans précédent qui marque l’histoire du chemin de fer en France.

La photographie a été prise en 1981 dans les ateliers ferroviaires de Bischheim, au nord de Strasbourg, lors de la rénovation de l’autorail. L’arrivée de l’autorail au musée correspond au centenaire de la naissance d’Ettore Bugatti.

Auteur : Anne Bourguignon, chargée de mission conservation, Cité du Train.

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