Cartel d’œuvres du Musée de l’Impression sur étoffes, Mulhouse

Bouquet en négatif, établissements Dollfus-Mieg & Cie, vers 1850
Essai de cyanotypie sur tissu, 29 x 18,5 cm, n°inv.. S.115.77
©Musée de l’Impression sur étoffes, Mulhouse / Oskar

Dès la fin des années 1830, les membres de la Société industrielle de Mulhouse (SIM) — chimistes et industriels — se passionnent pour les nouveaux procédés photographiques dont ils perçoivent immédiatement les enjeux scientifiques, techniques et économiques.

Parmi eux figure Daniel Dollfus-Ausset (1797-1870), l’un des fondateurs du Musée industriel, ancêtre du MISE. Chimiste de formation et dirigeant de la manufacture Dollfus-Mieg & Cie (DMC), il se détourne dans les années 1840 de la gestion de l’entreprise pour se consacrer à la glaciologie, puis à la photographie. Il commande notamment des daguerréotypes des Alpes, aujourd’hui considérés comme les plus anciennes vues connues de ce massif, et devient l’un des plus importants mécènes de la photographie au 19e siècle.

L’échantillon présenté ici provient des établissements DMC. Il s’agit d’un photogramme, procédé proche du cyanotype, qui permet d’obtenir une image sans appareil photographique en disposant des objets directement sur une surface photosensible. Les substances utilisées demeurent inconnues, tout comme l’auteur de l’œuvre — bien qu’il soit probable qu’elle soit de la main de Daniel Dollfus-Ausset lui-même. Quelques années plus tard, en 1856, il présente d’ailleurs d’autres photogrammes sur tissu lors d’une exposition d’art à Strasbourg.

Auteur : Elia Saunier, attachée de conservation, m2A

Roses, vers 1855
Tirage 35 x 40 cm, n° inv. Braun 48
Photographe : Adolphe BRAUN
©Musée de l’Impression sur étoffes, Mulhouse / Marc Guénard

Adolphe Braun (1812–1877) commence sa carrière comme dessinateur textile, d’abord à Paris, puis à Mulhouse où il devient en 1843 le premier dessinateur de la manufacture Dollfus-Mieg & Cie (DMC), poste qu’il occupe jusqu’en 1848. Au début des années 1850, il perçoit tout le potentiel de la photographie pour offrir aux industriels des modèles d’un réalisme inédit. Il entreprend alors la réalisation des 300 planches des Fleurs photographiées, conçues « à l’usage des fabriques de toiles peintes, papiers peints, soieries, porcelaines, etc. ». Cette œuvre est remarquable sur le plan technique puisqu’elle requiert une chambre photographique de deux mètres de long et des temps de pose d’environ trente minutes. Sur le plan esthétique, le résultat du clair-obscur et de la composition est salué par l’Académie des sciences. Encouragé, Adolphe Braun présente ainsi ses tirages à l’exposition universelle de Paris, ce qui lui vaut de débuter sa carrière de photographe

Dans la seconde moitié du 19e siècle, la maison Braun & Cie s’impose comme une entreprise pionnière de la photographie et l’une des plus productives de son époque, couvrant des domaines variés tels que les paysages, le monde animal, la reproduction d’œuvres d’art et les études architecturales. Le MISE acquiert de nombreuses photographies de Braun lors de la cession d’activité de la maison en 1968.

Cette photographie d’Adolphe Braun porte le tampon du célèbre atelier de dessinateur mulhousien Schaub.

Auteur : Elia Saunier, attachée de conservation, m2A

Vue de l’intérieur de l’usine Tex-Union à Pfastatt, 1999
Photographe : Patrick BAEUMLIN
©Patrick Baeumlin

L’artiste mulhousien Patrick Baeumlin s’est formé auprès de grands noms de la photographie, notamment Jean Dieuzaide et Serge Gal. Reconnu pour son travail sur le patrimoine industriel et urbain, il est sollicité en 1999 par Karim Azzouz, salarié de Tex-Union. L’entreprise traverse alors ses derniers mois d’activité. À l’initiative du comité d’établissement, les salariés font appel à Patrick Baeumlin afin de photographier Tex-Union et d’en saisir l’âme, celle d’une usine, de ses machines mais surtout de ses hommes et de ses femmes qui entretiennent avec elle « des rapports mêlés de colère et de tendresse, de haine et d’amour ». De cette immersion naît un travail à la fois documentaire et personnel sur les derniers mois de ce dernier grand site de l’impression qui ferme après 200 ans d’activité. L’ouvrage qui en résulte est ensuite offert à chaque salarié qui en fait la demande.

Auteur : Elia Saunier, attachée de conservation, m2A

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