Papier peint humoristique, motif référence 13166, attribué à la manufacture Grantil (Châlons-en-Champagne, France), collection 1912-1913
Papier, sans fond, impression mécanique aux rouleaux reliefs, 12 couleurs, rouleau de 50 cm de large avec les marges, n°inv. 2007 PP 10-66 (don Bertand)
©Musée du Papier peint, Rixheim
La mécanisation de la fabrication du papier peint à partir de la seconde moitié du 19e siècle a permis l’apparition sur le marché de papiers peints pour tous les budgets. Cette diversification des usagers s’accompagne d’une diversification des motifs disponibles, il y en a pour tous les goûts.
Les papiers peints à motif fantaisie sont alors plus fréquents et osent parfois le comique comme celui-ci. Quel est le comble du chasseur ? Qu’un renard lui vole subrepticement sa proie alors qu’il est en train d’allumer sa pipe. De quoi a l’air le pêcheur alors qu’une loutre se montre bien plus efficace ! Le motif présente dans le même esprit la peinture. Le peintre qui installe son chevalet et ses couleurs face à son modèle, devient lui-même le sujet d’une photographie. La composition renforce cet effet « arroseur arrosé » en enfermant le peintre, barbu vieillissant entre son modèle, une gardienne d’oies, et le fringuant photographe arborant la moustache, le canotier et les guêtres d’un citadin à la mode.
Ce papier peint du début du 20e siècle montre aussi comment l’exode rurale renouvelle l’image de la campagne. Elle est devenue un lieu de loisirs pour citadins.
Auteur : Cécile Vaxelaire, assistante scientifique, Musée du Papier peint
Concours de costume en papier peint, Paris, 9 mars 1930
Tirage argentique, 11,4 x 17 cm, n°inv. 991 PP 9-5 (don Jung)
©Musée du Papier peint, Rixheim
La photographie a été prise lors de la remise des prix du concours de costume en papier peint qui s’est tenu lors du premier « Bal du Papier peint ». Cette fête a été organisée en 1930 par la chambre syndicale des négociants et fabricants de papiers peints de France.
Cette prise de vue illustre, avec d’autres, l’article de la revue professionnelle « Papiers peints et tentures, n°108 » qui nous en apprend plus sur cet événement parisien. Le Maharadja a eu le 2nd prix Messieurs ; l’Espagnole a eu le 5e prix Dames et les deux personnes à gauche ont eu le 3e prix dans la catégorie Couple.
Ce sont les donatrices de la photographie d’époque présente dans les collections du musée : Madame Jung et une de ses filles déguisées en « Haron et El Rashid » jeu de mots sur le nom du calife devenu célèbre par les Mille et une Nuit. Voici une photo prise dans leur jardin, avant le bal, leurs costumes sont réalisés avec des modèles de papiers peints de la manufacture Zuber de Rixheim.
Auteur : Cécile Vaxelaire, assistante scientifique, Musée du Papier peint
Vue de l’atelier des coloristes, manufacture Zuber, Rixheim, vers 1913
Tirage albuminé contrecollé sur papier, 17,1 x 12,5 cm hors-tout, n°inv. 994 PP 7-1 (don Stutz)
©Musée du Papier peint, Rixheim
Ces photographies de la manufacture de papier peint Zuber à Rixheim sont à ce jour les seules vues anciennes connues de l’intérieur avec des employés. En raison de leur patronyme identique, il est possible que le donateur, bien que vivant en Suisse, soit un descendant d’Arnold Stutz. Ce dessinateur est mentionné dans les archives de la manufacture entre 1888 et 1913. Il pourrait aussi être l’auteur de ces photographies.
Les coloristes sont les personnes chargées de la réalisation des couleurs et responsables de leur adéquation avec les motifs. Ce lieu est appelé la « cuisine à couleur », ce qu’illustre bien cette vue.
Auteur : Cécile Vaxelaire, assistante scientifique, Musée du Papier peint
